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A l’écoute de nos enfants

La scolarité des filles
La scolarité du troisième
Notre premier essai
Découverte de cette particularité
Le grand saut !!!
Et les grandes !
Les avantages de l’école à la maison
L’enfant & la vie

En 2002

Les parents : Véronique & André 40 ans

Les enfants : Anaïs 15 ans, Amandine 13 ans & Aymeric 6 ans.

La scolarité des filles

Nous avons d’abord rencontré des problèmes de scolarité avec nos deux premières filles depuis le CP, manque de confiance en elle, lenteur, lecture lente à acquérir chez des enfants qui par ailleurs nous prouvaient leur intelligence. Faisant confiance aux professionnels qui nous entouraient, nous nous sommes alors dit que nos enfants n'étaient pas si intelligentes que nous le pensions.

Jugeant qu’avec les 6 heures quotidiennes nos enfants avaient largement fait leur part de travail intellectuel. Ne désirant pas, en primaire, revoir chaque jour les notions apprises à l’école et devoir y passer une heure à deux heures supplémentaires, nous avons laissé faire l'école et ses méthodes. De plus faire travailler un enfant après ces 6 heures d’école n’est pas efficace en plus du risque de les dégoûter d’apprendre. Nos filles avaient des résultats moyens donc suffisants pour continuer, nous avons donc préféré leur épanouissement personnel hors l’école.

Entre temps j’ai lu, alors que je m’intéressais de plus en plus à l’éducation scolaire, le livre « Mon école buissonnière » Arthur. L’instruction donné à cet enfant m’a semblé fantastique. Ce récit me faisait tout simplement rêver. Il était pour moi la vision d’un monde idéal où un enfant grâce à une instruction adaptée peut mettre en valeur toutes ses capacités intellectuelles et physiques. Les capacités de cet enfant me semblaient plus qu’hors du commun, elles me semblaient irréelles. De plus, encore trop confiante dans le système, l’exemple ne me semblait pas transposable à mes enfants.  J’étais alors salariée et n’avais donc (je le croyais à l’époque) pas la possibilité de la mettre en application pour mes filles. Je veux dire par là que lorsqu’un choix semble évident, le reste s’adapte autour. Gagner de l’argent aujourd’hui me semble bien moins important que l’avenir de mes enfants.

Plus tard, suite à la visite d’une maternelle Montessori, alors que je me demandais comment concilier métier et temps pour les enfants, j’avais décidé de passer le concours d’entrée à l’IUFM « professeur des écoles » avec le CNED. J’ai donc entamé un exposé sur la pédagogie Montessori et les liens qu’elle avait avec l’école maternelle d’aujourd’hui en France. J’ai découvert qu’en fait si cette pédagogie datait du début du XXe siècle, certes l’école maternelle avait considérablement évolué en un siècle mais n’en avait pas pour autant intégré la philosophie de Maria Montessori qui consiste à aider l’enfant à apprendre seul, à apprendre en découvrant par lui-même, apprendre en manipulant. L’école d’aujourd’hui ayant fondé sa philosophie sur un apprentissage frontal pour tous, il lui est impossible de travailler à partir de la personnalité et les richesses de chaque enfant dont elle a la responsabilité. Je n’en oublie pas pour autant le travail de certains enseignants qui sont aussi dans cette recherche, travailler avec l’enfant à partir de sa personnalité et de ses acquis propres, mais ils sont tellement rares ...

A cette époque aussi, j’ai lu « libre enfant de Summerhill », « Bonaventure » : une école libertaire. Puis j’ai rencontré un groupe d’enfants déscolarisés Et comme beaucoup d’individus ne connaissant pas l’instruction parentale, j’avais peur, je me demandais entre autre ce que pouvait devenir des enfants presque uniquement élevés par leur parent, sans les contraintes scolaires. Et là j’ai eu la surprise de ma vie, j’ai découvert des enfants et ados ayant une maturité et une humanité dans leurs rapports aux autres à faire pâlir d’envie bien des parents.

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La scolarité du troisième

Notre dernier enfant lors de sa deuxième année de maternelle présenta des problèmes psychologiques importants. Il disait ne plus vouloir aller à l'école, ne s'endormait plus avant minuit, se remettait à faire pipi caca dans sa culotte et surtout commençait à devenir agressif avec les autres. Après un mois de symptômes dont on prend conscience lentement, j'ai désiré parler à l'institutrice. Peine perdue, il n'y avait aucun problème disait-elle !
Ayant été échaudée par l'histoire de mes filles, que je n'avais pas pris au sérieux, car trop confiante à l'époque. J'ai alors décidé séance tenant de le retirer de l'école maternelle. J'ai mis longtemps, près de 6 mois, à retrouver mon petit garçon tel que je le connaissais, mais ce que j'ai tout de suite constaté c'est qu'il riait à nouveau. Et oui, je ne m’en étais pas rendu compte mais mon enfant ne riait plus !!!

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Notre premier essai

Nous avons alors passé tous les deux une année fantastique. Tout était source d’apprentissage, à la façon Platon (je crois que c’est lui qui discourrait avec ses étudiants et réfléchissait à partir de leurs rencontres). Le trait le plus marquant pour moi a été cette assurance qu'il a prise pour aller à la rencontre des autres, qu'il soit adulte ou enfant, pour les questionner chaque fois qu'il était intrigué.

Ayant déménagé l'année suivante, nous avons réinscrit notre enfant à la maternelle qui était a priori satisfaisante. De très beaux locaux, des maîtresses souriantes, une bibliothèque bien faites, des livres intéressants.

Pendant ces deux années qui ont suivis, Aymeric a petit à petit perdu cette capacité à aller vers les adultes et les interroger lorsqu'il était intrigué, dommage ! A la place il a appris à mieux découper, ne m’étant pas rendu compte de cette difficulté.

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Découverte de cette particularité

Au bout de ces deux années, ayant à nouveau été intriguée par le questionnement incessant de notre troisième enfant, nous décidons de faire tester son QI. L’attente du rendez-vous nous a vu passer d’un extrême à un autre. De “mais non ce n’est pas possible que notre enfant soit précoce !!!”  à “mais si, il présente bien les critères évoqués par le questionnaire de dépistage”. En fait, j’ignorais complètement ce que pouvait être un enfant précoce.

Suite à ces tests chez une psychologue avertie et la lecture de plusieurs livres sur la douance, nous avons alors compris pourquoi ma deuxième fille qui était d’une intelligence si vive à la maison, pouvait avoir besoin de revoir à sa manière les leçons abordées en classe. En fait plus on simplifiait moins elle comprenait. Ce qui impliquait qu’Aymeric, dans le même cas que sa sœur, aurait aussi besoin de travailler après l’école pour revoir les leçons apprises dans la journées. Pourquoi demander à un enfant de travailler dès le primaire 6 heures par jour à l'école plus 1 à 2 heures chaque soir à la maison pour adapter les leçons vues dans la journée à son mode de compréhension,  alors que cela peut-être fait tout de suite ?

J'ai compris ce jour-là que de toute façon il me faudrait consacrer beaucoup de temps à l'instruction de mes enfants, autant le faire sans surcharger l'enfant de travail

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Le grand saut !!!

Ne désirant pas imposer une surcharge de travail pour que ce troisième enfant n’ait pas de soucis à l’école, nous avons décidé d’accéder à la demande d’Aymeric, il sera instruit à la maison.

Et à nouveau nous retrouvons un enfant rieur & plein d'entrain.

Que dire de plus !

Saurais-je pour autant être un bon instructeur ?
En ce qui concerne le niveau CP ayant le bac ça ne devrait pas poser problème !!!
Par contre on fait tellement tout un plat de l’apprentissage de la lecture, saurais-je m’en sortir aussi à ce niveau là ?
Ma deuxième fille a mis 5 ans à savoir lire, j’ai de la marge !!! Allons-y ! On verra et j’ai vu. En fait à l’écoute de mon enfant et des différents types de méthodes existants en plus de mon expérience d’apprenant. J’ai trouvé la méthode adaptée à mon enfant.

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Et les grandes !

Les plus grandes, étant adolescentes, n'ont pas voulu profiter de l'occasion.

J’ai loupé le coche il y a deux ans avec l’aînée qui ne semblait pas avoir de difficulté particulière mais souhaitait être instruite à la maison. Elle aussi avait  rencontré ce groupe d’ados si mûrs. Je lui ai refusé et elle n’a pas insisté. Peut-être n’étions-nous pas vraiment prêtes pour cette expérience. Maintenant elle apprend un métier, suit des études gratfiantes. Au moins, lui aurons nous  permis de découvrir sa voie.

J’ai toujours pensé qu’il ne s’agissait pas de proposer des métiers à des enfants en fonction du taux de chômage. Le ou les seuls métiers dans lesquels ils seront bien dans leur peau sont ceux qu’ils auront choisis en fonction de leurs affinités, même si ces métiers présentent des taux de chômage important. Ils pourront vite donner le meilleur d’eux-mêmes et surtout n’auront pas peur de faire tous les efforts nécessaires pour trouver leur place.

De plus les secteurs en crise sont fluctuants, j’aimerais bien connaître la personne capable de me dire à l’avance quel métier sera porteur dans 3 voire 12 ans.

La seconde, fidèle à elle-même ne désire pas faire l’école à la maison pour ne pas risquer se retrouver exclue des groupes d’adolescents de son âge.

Aujourd'hui même si notre emploi du temps n'est pas complètement libre, étant donné la nécessité de respecter le calendrier scolaire, pendant la journée nous nous organisons à notre gré, avec les impératifs de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

L’expérience que m’apporte l’instruction parentale me permet de mieux aider mes filles qui sont toujours dans le système classique. Ni l’une ni l’autre n’ont appris à travailler. Il me faut aujourd’hui leur apprendre, leur faire prendre conscience des procédures qu’elles utilisent à leur insu. Aujourd’hui à 16 et 14 ans, quand elles savent, elles ne savent pas comment elles ont appris.

Janvier 2002

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Les avantages de l’instruction à la maison  ?

Respect du mode d’apprentissage de l’enfant

  • Certains enfants ont besoin d’entendre pour apprendre mais d’autres ont besoin de parler
  • D’autres ont besoin de voir que ce soit des schémas, des reportages avec une symbolisation par les formes et les couleurs
  • D’autres encore ont besoin de manipuler, qu’il soit à la maternelle ou au lycée.
  • Certains enfants aprécient que l’on découpe en petites unités simples apprenant pas à pas,
  • D’autres ont besoin d’envisager d’emblée le chemin à parcourir découvrant par eux-même la globalité de l’apprentissage, identifiant par eux-même la logique, la règle, qui régit, qui relie les éléments entre eux.
  • Changement de la pédagogie lorsque l’on constate l’inéfficacité, l’ennui ou le désintérêt de l’enfant
  • Apprendre en temps et en heure ce que l’enfant désire apprendre.

Respect des rythmes de vie de l’enfant,

  • Réveil spontané - Combien de bousculades évitées tous les matins !
  • Repos éventuel lors des périodes de fatigue, notament à l’intersaison, aux changements d’horaires - Que de maladies évitées !
  • Réduction du temps de travail “scolaire” à 2 heures 5 jours par semaine. Quel gain de temps !
  • Temps de concentration adapté à chaque activité et à l’intérêt
  • Possibilité de bouger en apprenant sans avoir la crainte de déranger.
  • Posssibilité de poser autant de questions que nécessaire.
  • Intérêt évolutif pour chaque matière, notre apprentissage se découpe en périodes d’apprentissage plus intensif d’un matière ou d’une autre. Pendant très longtemps c’était les math, en ce moment c’est le français.

Respect des liens familiaux,

  • Grâce à la confiance et au respect mutuel que l’enfant et le ou les parents instruisant se vouent inévitablement.
  • Transmettre à ses enfants ses valeurs. Non pas qu’on ne puisse pas le faire autrement, mais l’imprégnation est bien plus faible. Au moment de l’adolescence, l’enfant commencera à ce moment-là à remettre en cause les choix de vie familiaux
  • Permettre à l’enfant d’influer sur son environnement. Ayant fait ce choix de vie, je m’attache à ce que chaque membre de la famille donne son avis. Chacun apprend ainsi la négociation, la valeur de son opinion dans son environnement, ...

Respect de l’individu.

  • L’enfant étant mieux respecté, il est ainsi à même de respecter l’autre.
  • Respect du caractère de l’enfant.
    On peut aider un enfant hypersensible à vivre en lui apprenant, petit à petit, à se sentir moins agressé si les agressions sont moins fréquentes mais on ne peut pas en faire un “dur”.
    On peut apprendre à un enfant vraiment très curieux qi’il y a certaines situations où il vaut mieux attendre pour demander une explication
  • Prendre l’habitude d’avoir, de même qu’on le fait pour les bébés, l’on pourrait donc tous continuer, un sac avec le goûter & de quoi l’occuper, l’aidant à apprendre à être “sage” en attendant les moments où l’enfant pourra se donner sans compter.

Ouverture d’esprit

  • comme l’enfant instruit à la maison est amené à rencontrer des personnes de tous âges & de tout milieu social. En effet, un enfant instruit par ses parents est amené à les suivre dans les démarches que ceux-ci sont amenés à faire inévitablement avec lui. Ceci lui permet de découvrir par lui-même la vie, puisqu’il y est confronté chaque jour.
  • Le temps que l’on passe ensemble permet de discuter plus souvent. Les enfants demandent effectivement souvent pourquoi l’on fait ou ci ou ça, lorsqu’on a chois de les instruire on a le temps de leur répondre

Respect de la vie.

  • Posssibilité de profiter du beau temps, de la neige, des personnes lorsqu’elles sont disponibles,...
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L’enfant & la vie

Je voudrais aussi signaler l’existence d’une revue qui a beaucoup participé pour moi à la prise de confiance dans mes capacités à être une bonne mère. Plus que tous les magazines à l’attention des parents, il ne s’agit pas de comprendre ses enfants à travers la vision des experts qui n’ont pas toujours l’expérience du terrain, mais il s’agit de se permettre en tant que parent d’être le témoin privilégié de son enfant et de le comprendre à partir de sa lecture personnelle qui nous permet d’apprendre à faire confiance à notre intuition et à notre sens de l’observation. Il ne s’agit donc pas de croire telle ou telle personne car elle est reconnue par tous comme un expert mais de mieux comprendre ses enfants, avec l’éclairage de certains experts, certes, mais ceux qui nous semblent respecter nos valeurs.

Si j’avais d’ailleurs fait confiance plus tôt dans mes capacités à comprendre  mes enfants, j’aurais mis bien moins de temps à faire cette grande découverte pour mes enfants et peut-être pris la décision de l’instruction parentale pour mes filles au moment où elles en avaient le plus besoin.

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 MàJ 9 Août.08
Origine de l’Homme
NewsLetter n°1
Programme 2008

Raisons

 

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Notre Ecole à la Maison